Les phénomènes de houle, marée de tempête et tsunamis sont considérés comme des inondations par submersion marine.

La houle qualifie le mouvement ondulatoire de la surface d’une masse d’eau mise en mouvement par le vent. La zone de genèse de la houle soumise à ce vent est appelé « fetch ». Dès l’amorce du mouvement ondulatoire la houle peut se propager jusqu’à rencontrer une terre émergée, expliquant ainsi les observations de houle sans vent.

Les côtes de La Réunion sont soumises à trois types de houles : les houles d’alizés, les houles australes et les houles cycloniques. Les houles australes et cycloniques sont les plus dangereuses car elles sont susceptibles de provoquer des dégâts importants sur le littoral.

Les houles d’alizés

Les houles d’alizés découlent de vents établis de secteur Est à Sud-Est. Elles affectent généralement les côtes Nord, Est et Sud de l’île et épargnent habituellement la côte Ouest.

Les houles cycloniques

La houle cyclonique se propage souvent plus vite que le cyclone tropical auquel elle est associée. Elle a longtemps été le premier signe précurseur de l’arrivée d’un météore. Elle peut également se propager assez loin autour du cyclone et affecter des côtes finalement non concernées par le cyclone proprement dit.

Au cœur du cyclone tropical, les vents extrêmes s’accompagnent d’une mer énorme avec des vagues d’une hauteur de l’ordre d’une dizaine de mètres. Lors de cyclones tropicaux très intenses, les vagues les plus hautes peuvent atteindre des hauteurs supérieures à vingt mètres.

Les houles australes

Également appelées houles polaires, les houles australes sont générées par de profondes dépressions circulant d’Ouest en Est loin au sud des Mascareignes, généralement entre les 40ème et 50ème parallèles Sud.
Les très grandes vagues levées par les vents qui soufflent en tempête dans le secteur ouest de la dépression sont à l’origine de la formation de la houle australe. Celles-ci mettent environ 3 jours pour atteindre la Réunion après avoir parcouru 3 000 à 4 000 kilomètres. Les vagues arrivant à la Réunion peuvent atteindre des hauteurs significatives de 4 à 6 mètres au large et une dizaine de mètres au déferlement sur les côtes.

QU’EST-CE QU’UNE MARÉE DE TEMPÊTE ?

Il s’agit d’une élévation anormale et brutale du niveau de la mer associée au passage d’un cyclone. Il n’est plus question ici des énormes vagues décrites ci-dessus, mais bien d’une élévation globale du niveau moyen de la mer (également dénommée surcote). Elle s’ajoute à la marée astronomique pour donner ce que l’on appelle la marée de tempête.

Cette marée de tempête peut conduire à l’envahissement par la mer des régions littorales basses. Elle associe son action destructrice à celle des vagues et favorise, en particulier, le travail de sape des énormes déferlantes sur les infrastructures côtières.

QU’EST-CE QU’UN TSUNAMI ?

Le tsunami correspond à une série de vagues de grande période se propageant dans l’océan. Ces vagues sont générées par des mouvements du sol dus essentiellement à des séismes sous-marins à la jonction des plaques tectoniques.

Les éruptions volcaniques sous-marines ou les glissements de terrain peuvent également engendrer des tsunamis. Ces vagues se propagent en eau profonde à une vitesse pouvant dépasser 800 km/h. Lorsqu’elles atteignent les eaux peu profondes du littoral, elles sont ralenties, s’élèvent et leur amplitude augmente. L’effet peut être amplifié lorsqu’un port ou une baie canalise les vagues lors de leur arrivée sur le rivage. Il en résulte un envahissement par la mer, brutal et plus ou moins important, des zones littorales, générant des dégâts considérables sur les habitations et les infrastructures, parfois plusieurs centaines de mètres à l’intérieur des terres.

LES RISQUES HOULE, MARÉE DE TEMPÊTE ET TSUNAMI À LA RÉUNION

À La Réunion, la houle cyclonique touche le plus souvent les côtes Nord et Est de l’île, de la pointe des Galets à la pointe de la Table et survient pendant l’été austral (de novembre à avril).

À l’inverse des houles cycloniques, les houles australes frappent le plus souvent les côtes Sud et Ouest de l’île durant l’hiver austral (de mai à octobre).

Les conditions topographiques et bathymétriques de La Réunion, associées au fait que l’amplitude des marées est faible dans le secteur, font que la marée de tempête n’est pas le risque le plus préoccupant pour la zone. Toutefois, il constitue pour les zones basses situées à proximité immédiate du rivage, et en particulier, pour tous les fonds de baies (La Possession, Saint-Paul, Saint-Leu,…) un danger réel en cas de cyclone intense.

Les archives témoignent de l’avènement d’un certain nombre de « très violents raz de marée » (1944) ou de « raz de marée désastreux » (1863) ou « catastrophique » (1829). De plus, des tsunamis ont déjà été observés à la Réunion en 1867 et 1883. Le dernier tsunami d’importance ayant intéressé la Réunion date du 26 décembre 2004, causant principalement des dégâts matériels, notamment dans les ports, mais aucune victime n’a été à déplorer.

 

ÉVÈNEMENTS MARQUANTS À LA RÉUNION

Mai 2007 – forte houle australe déferlant sur les côtes Ouest et Sud – 2 pêcheurs disparus, de nombreux dégâts dans les ports (Saint-Gilles, Saint-Leu, Saint-Pierre) et sur le front de mer (maisons, restaurants, terrasses, etc. dégradés et/ou inondés).

Février 2007 – houle cyclonique suite au passage du cyclone Gamède, la baie de Saint-Paul est dévastée (cimetière marin, plage fortement amaigrie, front de mer largement érodé).

Décembre 2004 – tsunami – suite au séisme du 26 décembre en Indonésie, un tsunami était attendu dans l’océan Indien. Il causera des dégâts matériels dans les ports de Sainte-Marie et Saint-Gilles (bateaux coulés ou endommagés).

Février 1962 – forte marée de tempête lors du passage de Jenny : « C’est un véritable raz de marée qui a déferlé sur le littoral », notamment à l’Est, entre Sainte-Anne et Saint-Benoît, où le lieu-dit « Les Galets » a été complètement dévasté. Dans l’Ouest, des pêcheurs disparus.

LE SAVEZ-VOUS ?

Les houles et évènements tempétueux peuvent contribuer, au-delà du phénomène d’inondation et submersion marine, au phénomène d’érosion côtière. Par exemple, un recul de plus de 10 m a pu être constaté suite au cyclone Gamède et aux houles associées en mai 2007 sur le secteur de Cambaie à Saint-Paul.

Pour aller plus loin sur le sujet : http://www.risquesnaturels.re/pdf/BRGM%20guide%2032p.pdf

Que faire en cas de forte houle?

  • Circuler avec précaution en bord de mer
  • Limiter votre vitesse sur les routes exposées à la houle