Un séisme est une vibration du sol, causée par un relâchement brutal des contraintes s’appliquant au milieu qui génère une rupture des roches. L’activité sismique se concentre le long des failles actives, généralement proches des frontières entre des plaques tectoniques. Lorsque les frottements au niveau d’une de ces failles sont importants, le mouvement entre les deux plaques est bloqué. Des forces de contraintes sont alors accumulées le long de la faille. La libération brutale de ces contraintes permet de rattraper le mouvement des plaques. Le déplacement instantané qui en résulte est la cause des séismes. Après la secousse principale, il y a des répliques parfois meurtrières qui correspondent à des petits réajustements des blocs au voisinage de la faille.

COMMENT SE MANIFESTE-T-IL ?

Un séisme est caractérisé par :

  • son foyer :  la zone d’initiation de la rupture;
  • son épicentre : point situé à la surface terrestre à la verticale du foyer et où l’intensité est la plus importante;
  • sa magnitude : identique pour un même séisme, elle traduit l’énergie libérée par le séisme. Bien que l’échelle de mesure la plus connue soit celle de Richter, elle n’est plus utilisée de nos jours et a fait place à différentes méthodes de calculs plus précises dont la plus commune est la Magnitude.

  • son intensité : mesure les effets et dommages du séisme en un lieu donné. Ce n’est pas une mesure objective, mais une appréciation de la manière dont le séisme se traduit en surface et dont il est perçu. On utilise habituellement l’échelle EMS98 (European Microseismic Scale), qui comporte douze degrés. Attention, les conditions topographiques ou géologiques locales peuvent créer des effets de site qui peuvent amplifier l’intensité d’un séisme. Les dégâts seront également différents en fonction de l’urbanisation des sites.

 

  • la fréquence, le type d’onde et la durée des vibrations : ces trois paramètres ont une influence fondamentale sur les effets en surface. Chaque matériau est sensible à certaines fréquences (fréquence propre) pour lesquelles il va osciller davantage. Cela peut parfois aller jusqu’à l’effondrement. Lors d’un séisme, plusieurs types d’ondes sont générés tels que les ondes longitudinales ou cisaillantes. Ces dernières vont avoir un impact particulier sur les types de structures (par exemple le béton brut a une très faible résistance au cisaillement. Pour cette raison on le combine à une armature métallique. Cela est notamment requis par les normes parasismiques). Par ailleurs, plus la durée des vibrations est importante, plus la résistance des matériaux va être faible.
  • la faille : correspond à la surface de rupture. Son pendage est variable. Elle est dite normale pour des mouvements extensifs, inverse pour des mouvements compressifs, ou décrochante pour des mouvements translationnels. Ces différents types de mouvements sont illustrés ci-contre :

Un séisme peut se traduire à la surface terrestre par la dégradation ou la ruine des bâtiments, des décalages de la surface du sol de part et d’autre des failles mais peut également provoquer des phénomènes annexes tels que des glissements de terrain, des chutes de blocs, des liquéfactions de sols meubles des avalanches ou des tsunamis.

LE RISQUE SISMIQUE À LA RÉUNION

La Réunion ne se situe pas à une frontière de plaque tectonique mais sur la plaque africaine, c’est-à-dire dans une zone de faible sismicité. Le système français répertorie cinq degrés de sismicité, de 1 faible à 5 fort. La zone sismique de La Réunion est classée en 2 cela signifie que le risque est faible, mais non négligeable. Ce zonage se base sur des études scientifiques d’évaluation de l’aléa sismique et est fondé sur une méthode probabiliste, avec une période de retour de référence de 475 ans et prenant en compte l’amélioration de la connaissance de la sismicité historique et des failles sismo-tectoniques actives, ainsi que de nouvelles données de sismicité instrumentale sur le territoire français.

Les séismes qui peuvent survenir sur le territoire réunionnais ont pour origine :

  • le fonctionnement des chambres magmatiques proches de la surface. Les séismes sont générés par la remontée de magma, par fracturation de la roche ou par effondrement du toit de la chambre magmatique qui vient combler le vide créé par le rejet important de magma. Les séismes d’origine volcanique sont superficiels et globalement de faible intensité.
  • à l’enfoncement de la croûte océanique sous le poids de l’île. Il s’agit de séisme profond, d’intensité variable.

Depuis la première occupation de La Réunion datée de 1650, on a dénombré, de manière certaine, treize séismes d’importance. Leur intensité a pu être estimée de IV à VII. Leurs épicentres ne sont pas connus. Ces séismes résultent de l’enfoncement de la croûte océanique (cf. schéma) sous l’effet du poids de l’île.

LE SAVEZ-VOUS ?

Dans la zone Océan Indien, à Mayotte depuis mai 2018, l’île subit des secousses sismiques à répétition. Plus de 1 600 séismes ont eu lieu sur une période d’un an. En l’état des connaissances actuelles, la cause de ces séismes peut être attribuée à une origine tectonique et une composante volcanique.

Que faire en cas de séisme ?

AVANT

  • S’informer des risques encourus et des consignes de sauvegarde